Visite à la communauté française de Stockholm - 20 et 21 avril 2005

Visite à la communauté française d’Helsinki - 19 mars 2005

Visite à Washington - 14, 15 et 16 mars

Visite au Caire - 20 février 2005

Visite à la communauté française de Rabat - 12 et 13 janvier 2005

Mission en Palestine - 3 au 10 janvier 2005
Rencontre avec les Français de Jérusalem - 9 janvier 2005

New-York - 29 octobre au 1er novembre 2004
Chicago - 2 et 3 novembre 2004
Toronto - 3 et 4 novembre 2004
Washington - 5 et 6 novembre 2004

    
 

Visite à la communauté française de Stockholm

Mercredi 20 avril à 11h00, M. Segura, Premier conseiller et Mme Joëlle Neveu-Mullard qui m’accueillent (Denis Delbourg, ambassadeur est en déplacement dans le Nord de la Suède) m’emmènent au lycée Saint-Louis. Je passe ensuite la soirée avec l’ADFE réunie par son président Jean-Jacques Huss et la section PS avec Peter Erhardy.

La matinée du jeudi 21 avril se partage entre le consulat et l’Institut français. Après un déjeuner-buffet à la Résidence avec la communauté française, je rencontre M. Eric Svensson, consul honoraire à Göteborg, puis, dans l’après-midi, des contacts organisés par Alexandre Defay, conseiller culturel, et son équipe me permettent de compléter mon information sur les relations culturelles franco-suédoises et les échanges d’étudiants entre les deux pays.

La communauté française : avec plus de 5000 immatriculés (3600 en 2000) elle est évaluée à 8000 ou 9000 personnes. 65 % d’entre les Français résident à Stockholm et 30 % dans le Sud du pays. Ceux du grand Nord, peu nombreux, sont actifs, autour des pôles universitaires d’Umea et Lulea. C’est l’un d’entre eux, François Lambert, qui a créé et anime le site internet http://www.photos-suede.com/forum/index.php qui constitue l’un des vecteurs d’information et de contacts de la communauté française. A 32 % binationale, cette communauté est caractérisée par son activité dans le tertiaire (86 % des actifs). Le filet social suédois est efficace, ce qui fait que le CCPAS est peu sollicité.

Le lycée Saint-Louis : il scolarise 567 élèves, parmi eux 258 Français dont la moitié sont binationaux. L’évolution de l’établissement m’a paru positive. Lors de mes précédentes visites j’avais été frappée par sa fermeture aux réalités suédoises. Ce n’est plus le cas. Le suédois est enseigné dés l’école maternelle. Un cursus avec suédois renforcé ménage des passerelles avec l’enseignement suédois aux élèves du collège et du lycée et permet à ceux qui achèvent le lycée dans l’établissement de passer le baccalauréat français avec option internationale en suédois ainsi que le slutbetyg suédois. Ceci dit, le lycée est confronté au départ des élèves vers le système suédois en cours de collège. Les classes de lycée sont donc trop peu nombreuses. Le lycée, qui est soumis à une forte demande en maternelle et en primaire cherche des parades à ce phénomène. Il faut aussi qu’il trouve des locaux pour accueillir de plus en plus d’élèves. Exception heureuse : le lycée est largement subventionné par l’Etat suédois et par les municipalités de résidence des élèves : les droits de scolarité en sont réduits d’autant.

L’action culturelle de la France en Suède

Le passif. Tout comme en Finlande, l’Institut culturel était moribond en 2004 : il restait 26 inscrits et 49 étudiants de langue française. La bibliothèque, ouverte à des horaires aléatoires, n’avait pas été renouvelée. Les diplômes de DELF et de DALF n’avaient pas été édités et envoyés aux étudiants depuis plusieurs années. La comptabilité n’avait pas été tenue. Une fois de plus, c’est la politique de nomination des conseillers culturels et de leurs adjoints, inspirée par le copinage plus que par la recherche de la compétence, qui est en cause. L’amateurisme, l’irresponsabilité font des ravages dans ces postes. Tant que le ministère des Affaires étrangères persiste à refuser d’avoir un corps de spécialistes de l’action culturelle à l’étranger, tant qu’il n’y aura pas une agence dédiée à cette action dont les personnels seront sélectionnés sur leurs cv, et non selon les ordres du cabinet du ministre, tant qu’aucune sanction ne peut s’abattre sur les incompétents et les irresponsables, on continuera à gaspiller le peu de fonds publics affectés à l’action culturelle.

Le redressement s’amorce, comme en Finlande. L’atout de la France en Suède est le socle historique des relations culturelles et la francophilie des Suédois à laquelle il faut répondre. Ils sont nos alliés sur la préservation des biens publics mondiaux et l’exception culturelle. Mais ils font bien plus en France pour la relation culturelle suédo-française que nous en Suède, et ce déséquilibre peut être ressenti par eux comme du désintérêt ou même du mépris.

L’Institut relance les cours de français (350 inscrits en 2005) mais, s’ils se développent, comment l’attachée linguistique, en charge d’une riche coopération éducative et d’échanges universitaires multiples, pourra-t-elle continuer à assumer seule la direction des cours ?

Stockholm est la capitale culturelle de l’Europe du Nord. Dans les secteurs des arts plastiques, du design, de la musique contemporaine et baroque, de la danse, les relations pourraient être beaucoup plus denses et fructueuses. Les échanges scientifiques sont nourris, les échanges d’étudiants en progression. L’équipe d’Alexandre Defay relève le défi. Mais face à ces alternances de laisser-aller destructeur et de reconstruction qui caractérisent l’histoire de nos institutions culturelles à l’étranger, comment ne pas ressentir une grande révolte : gâchis des deniers publics, gâchis de la compétence et d de l’enthousiasme des personnels provoqués par ceux-là même qui saborderont ensuite le réseau culturel en raison de son coût et de ses carences.

 


 

Visite à la communauté française d’Helsinki

Journée dense remarquablement organisée. Merci à M. l’Ambassadeur Subrenat et à son équipe ainsi qu’à Jacques Delcos, conseiller à l’AFE.

1758 Français sont inscrits au consulat, dont 70% sont doubles nationaux. C’est une communauté très intégrée dans la société finlandaise. Jacques Delcos me fait rencontrer les deux Français grâce auxquels l’information circule : Vincent Lefrançois qui a créé le site Ranska.net et Dominique Papin, créateur de Francofinn, journal mensuel gratuit en français. La section de l’ADFE est en cours de reconstitution. Durant la journée, je visite l’école française, le lycée franco-finlandais et le centre culturel.

La Finlande, pays de 5 millions d’habitants, n’a pas d’histoire commune avec la France. Les relations politiques et humaines entre les deux pays se sont développées lentement depuis l’entrée de la Finlande dans l’Europe, avec une accélération à partir de 1995 dans le domaine des échanges d’étudiants et de chercheurs. Les relations politiques, mesurées au nombre des visites ministérielles, s’intensifient depuis 2003.

Actuellement, les relations politiques bilatérales sont centrées sur les questions européennes : institutions de l’UE dont la Finlande assurera la présidence au second semestre 2006, politique européenne de sécurité et de défense, évolution du budget de l’Europe sur la période 2007- 2013.

L’évènement économique franco-finlandais du moment est la construction du 5ème réacteur nucléaire du pays par AREVA et Siemens. C’est un projet de 3,2 milliards d’euros sur lequel travailleront 250 Français et dont l’achèvement est prévu en 2009.

Les relations culturelles

Au cours des dix dernières années, l’action culturelle de la France en Finlande constitue un concentré de ce qu’on peut voir de pire dans le monde : déménagements fréquents de l’Institut, valse des conseillers culturels (trois en cinq ans) pour les raisons habituelles (mésentente avec un des ambassadeurs de la période concernée, incompétence du conseiller dans certains cas) d’où le découragement du personnel local qui subit les aléas.

L’Institut Français auquel le conseiller culturel actuel, Pascal Hanse, soutenu par l’ambassadeur Subrenat, s’efforce de rendre vie, est moribond. Il faut reconquérir des étudiants qui apprennent le français… et les recettes générées par les cours. Un programme de formation de plus de 120 hauts fonctionnaires finlandais en vue de la présidence finlandaise de l’Union européenne débute. Par ailleurs le France a remporté l’appel d’offre du Parlement pour les formations en Français. Ces publics de haut niveau pourraient en entraîner d’autres mais il faut rendre confiance aux enseignants qui ont résisté aux crises, et en former de nouveaux.

Pour rendre vie à l’Institut, qui a perdu la majeure partie de son ancien public, il faut à l’équipe actuelle beaucoup de dynamisme : accueil de classes au centre de ressources, enrichissement de l’offre par l’achat de DVD, conférences données par les universitaires français en mission, partenariats avec les autres occupants de cette ancienne usine transformée en quartier culturel, organisation d’événements tels que la semaine de la Francophonie.

Les questions scolaires

L’école française Jules Verne, conventionnée avec l’AEFE, est enfin installée dans des locaux vastes et confortables. Mais il est difficile de faire progresser le nombre des élèves (une centaine) face à la concurrence de l’enseignement finlandais, d’excellente qualité et gratuit. Il faudrait attirer les étrangers tiers, francophones, mobiles, qui ont besoin du réseau AEFE.

Le Lycée Franco-Finlandais est un lycée d’Etat finlandais où huit enseignants rémunérés par la France donnent, à des élèves finlandais, un enseignement renforcé en Français, avec un horaire important au niveau primaire et de plus en plus restreint ensuite pour descendre à 16% de Français au lycée. Actuellement le proviseur adjoint, M. Moulard, travaille en bonne entente avec la proviseure finlandaise à développer l’enseignement de disciplines en Français au niveau du collège. Mais le système scolaire finlandais offre peu de marges de manœuvre : les collégiens finlandais étudient jusqu’à 5 langues et, par ailleurs, il est très difficile d’imaginer des solutions pour que des collégiens et des lycéens français et francophones suivent, dans le cadre de cet établissement, un cursus harmonisé avec les programmes français débouchant sur un baccalauréat binational. L’offre d’enseignement français en Finlande reste peu adaptée à des familles françaises et francophones mobiles.

La journée se termine par un dîner buffet offert par l’Ambassadeur et son épouse, Madame Tarja Laïtiainem, ambassadeure de Finlande en Afghanistan et au Pakistan. Les nombreux Français présents s’inquiètent du référendum, me demandent pourquoi le « non » tente de nombreux électeurs en France. Les discussions sur les bonnes raisons de ratifier le traité constitutionnel animent une soirée très sympathique.

 


 

Visite à Washington

La relation transatlantique s’améliore-t-elle ?

Trois jours d’entretiens à Washington (14, 15 et 16 mars) avec des parlementaires, des diplomates, des chercheurs et des journalistes dans le cadre d’une mission d’information de la commission des affaires étrangères m’inspirent une réponse nuancée.
(Voir le rapport sur le site du Sénat)
  La délégation
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Dans le ton et sur la forme, la page de la guerre d’Irak étant à leurs yeux tournée, les Etats-Unis ont modifié leur approche de l’Union européenne et de ses Etats membres dont la France, qui reste toutefois soupçonnée de vouloir faire de l’Union européenne un contrepoids à leur puissance (Phil Gordon – Brookings Institution). Les itinéraires, les rencontres et les discours lors des visites en Europe de Georges Bush et de Condolezza Rice prouvent que l’Union européenne existe en qualité de partenaire politique de premier plan des Etats-Unis pour la gestion des affaires internationales. C’est là que se regroupent les alliés solides des Etats-Unis. Selon M. Dan Fried (futur directeur d’Europe et d’Eurasie au département d’Etat), les Etats-Unis et l’Europe représentent « le quorum des démocraties et de la légitimité ». Il affirme que la France est « un partenaire fiable, intelligent » avec lequel une action commune produit des résultats comme le prouve l’évolution du Liban. De même le soutien de l’Union européenne et de ses Etats membres au processus démocratique en Ukraine s’est révélé crucial et fait espérer aux Américains qu’une action conjointe des Etats-Unis et de UE pourrait arrêter la dérive despotique du Président Poutine.

Toutefois, selon Simon Serfaty (spécialiste de l’Europe au CSIS-Center of Strategic and International Studies), il faut parler de « trêve » plutôt que de réconciliation : Georges Bush a découvert que les Etats-Unis ne sont pas aussi forts qu’il le croyait (il est difficile de sortir seul de la guerre d’Irak par exemple) et que l’Union européenne a des moyens d’action internationale non militaire utiles. Mais, selon lui, Bush n’a pas changé. Il tente des actions communes avec l’UE mais « il tranchera en fonction des résultats ». Si les Européens ne sont pas efficaces à ses yeux il abandonnera Rice et Hadley, qui lui conseillent cette politique, au profit de Rumsfeld et de Cheney qui y sont hostiles.

La collaboration des Etats-Unis avec l’UE et certains des Etats-membres sur des dossiers difficiles va continuer et probablement s’accentuer. Sur l’évacuation du Liban par l’armée syrienne afin que des élections vraiment libres puissent se tenir au printemps, les contacts sont quotidiens entre la France et les Etats-Unis. Sur la lutte contre le programme d’armement militaire de l’Iran, Georges Bush a décidé, à la suite de son voyage en Europe, de soutenir l’initiative diplomatique franco-germano-britannique. Il s’agit d’amener le gouvernement iranien à renoncer à ce programme en échange d’une normalisation de ses relations internationales et d’avantages économiques. Mais la différence d’analyse reste : Les Européens donnent la priorité à l’arrêt du programme nucléaire alors que les néo-conservateurs américains, toujours influents, donnent la priorité au changement de régime.

Les sources de désaccords et même de conflits restent malgré tout nombreuses. Ainsi, le projet de l’Union européenne de mettre fin à son embargo sur les ventes d’armes létales à la Chine est le sujet actuel de discorde le plus grave et le restera si la discussion stratégique que les Américains réclament à l’Europe sur ce sujet n’a pas lieu ou ne débouche pas sur un compromis acceptable pour eux. Nos interlocuteurs diplomates et parlementaires ont exprimé leur vive désapprobation et leur souhait d’un débat entre l’UE et les Etats-Unis avant la décision effective. Ainsi le sénateur Georges Allen (républicain de Virginie) a-t-il insisté sur le fait que c’était un signal politique inopportun en direction de la Chine qui vient de réaffirmer sa volonté de mettre fin à la sécession de Taiwan, de la Chine qui est un « compétiteur des Etats-Unis, un danger, un proliférateur » et qui n’a fait aucun progrès significatif en matière de respect des Droits de l’Homme. Les Européens, au premier rang desquels la France est citée, ont pris une décision « cynique » par « soif des contrats » (Dan Fried). En fait, les Américains considèrent la Chine comme un danger politique et militaire majeur pour eux dans l’avenir et ils s’opposent à ce que l’Europe normalise ses relations avec elle. Ils accusent en particulier la France de vouloir faire progresser un dialogue stratégique direct entre l’Union européenne et la Chine, à leur détriment.

La volonté réciproque de ne pas aborder trop de sujets qui fâchent a fait que des questions conflictuelles n’ont pas été abordées. La conception de la lutte contre le terrorisme, que les Européens n’envisagent pas comme une « guerre » mais comme un combat multiforme, la préférence européenne pour le multilatéralisme et par conséquent la défense de la prééminence de l’ONU, la volonté de rendre la Cour Pénale Internationale efficace alors que les Américains multiplient les pressions et les accords bilatéraux pour obtenir un résultat inverse, voilà quelques uns des sujets qui ne manqueront pas d’opposer les deux rives de l’Atlantique dans l’avenir. 

Face aux dangers qui menacent la planète, la prolifération nucléaire, les terrorismes, les guerres provoquées par les conflits ethniques et les revendications territoriales, la misère, les pénuries de denrées vitales comme l’eau, les pandémies, les Etats-Unis comme l’Union européenne ont le devoir de persévérer dans la recherche des terrains d’entente, tels que l’avenir du Liban ou celui de l’Ukraine (et au-delà l’avenir de la Russie et des pays issus de l’Empire soviétique). Entre l’Union européenne (dont la France) et les Etats-Unis, les valeurs morales et politiques, les intérêts stratégiques ou économiques divergent souvent mais cela ne doit pas empêcher le dialogue et la recherche de tous les accords possibles partout où l’union des deux continents les plus riches peut faire reculer la guerre et la misère. Aux préventions que nous avons à l’encontre des Etats-Unis répondent celles qu’ils ont à notre égard. Le « french bashing » et l’antiaméricanisme sont de même nature. Il ne peut en sortir rien de constructif. Pour sauvegarder l’avenir de la planète, plus d’intelligence et de volonté réciproque d’écoute sont, chaque jour qui passe, plus nécessaire. 

N’oublions pas le propos de Churchill au sortir d’un entretien avec le général de Gaulle : « C’est affreux d’avoir des alliés. Ne pas en avoir, c’est terrible ».


 

Visite au Caire

  8H30 : visite de l’école française d’El Rehab
10H30 : visite et réunion de travail avec les responsables du Centre français de culture et de coopération (CFCC)
12H00 : rencontre avec l’Ambassadeur
15H30 : réunion avec les représentants des personnels du CFCC
19H00 : réunion avec la mouvance de gauche (FFE et ADFE) et ses invités.

Les questions relatives à l’école et à la rémunération des personnels des services culturels ont occupé l’essentiel de ma visite.

L’école :

La construction d’un nouveau lycée à 150 Millions d’euros (le terrain a été acheté 23 millions d’euros) est reporté sine die. On recommence à entretenir le Lycée de Maadi, à la rééquiper à neuf. L’afflux d’élèves a conduit l’APE et le service culturel à louer des locaux scolaires à El Rehab à la périphérie du Caire pour remplacer l’école d’Héliopolis et augmenter les capacités d’accueil. Les polémiques violentes du début de l’année scolaire semblent calmées.
J’ai visité ces locaux qui sont bien adaptés (salles de classes vastes, dégagements, aires de jeu). Mais les familles veulent le nouvel établissement, quitte à le construire avec des fonds privés, selon des normes moins coûteuses que le projet initial. Le débat n’est pas clos et pour ma part, je vois l’alourdissement des charges – et des droits de scolarité – que générerait ce financement local.

La rémunération des personnels de recrutement local :

La direction du SCAC a décidé la mise en place d’une grille de salaire unique pour tous les personnels. Avec ses 9 échelons, elle élève la rémunération des personnels égyptiens les moins bien rémunérés mais fait tomber celle des conseillers pédagogiques et de certains personnels administratifs français de 75%. 31 Français sont concernés dont 26 non fonctionnaires. Les diplômes ne sont pas pris en compte dans la nouvelle grille mais seulement les fonctions et l’ancienneté. La satisfaction des personnels égyptiens se comprend : certains d’entre eux étaient moitié moins rémunérés que leurs subordonnés français. Mais les Français – majoritairement conseillers pédagogiques placés auprès des écoles égyptiennes bilingues – qui avaient accepté il y a 10 ou 15 ans, un salaire de niveau français très inférieur à celui de leurs collègues assistants techniques – se sentent culpabilisés, dévalorisés, piégés. Ils ne pourront pas se loger, se déplacer, cotiser pour la protection sociale avec moins de 1000 euros par mois. Ils font valoir qu’un étranger paie tout deux ou trois fois plus cher qu’un Egyptien en Egypte. Ils constatent que les stagiaires envoyés par le ministère des Affaires étrangères seront mieux rémunérés qu’eux. Dans ce cas de figure, l’égalitarisme ne se confond pas avec la justice ni avec l’efficacité. Quand il n’y aura plus un seul Français pour animer la coopération culturelle franco-égyptienne, à l’exception du conseiller et de ses adjoints, que restera-t-il de la relation elle-même ? On retrouve ici la même problématique que celle de la coopération de projet face aux financements de l’AFD et à d’éventuelles prestations de service.

La soirée s’est terminée chez Dominique Hamieux, secrétaire de la section PS, qui avait invité l’ADFE et des responsables d’une des associations de parents d’élèves, M. Rispoli et Mme Diab. Notre camarade Dimitri Meeks nous a exposé les éléments du conflit autour de la nomination du directeur de l’Institut Français d’Archéologie Occidentale (IFAO) dont les instances ont voté pour le maintien de Bernard Mathieu alors que l’Elysée veut nommer un proche de Nicolas Grimal. Une fois de plus, Jacques Chirac impose ses hommes dans les institutions culturelles au risque, dans le cas de l’IFAO, de mettre l’institution en danger et de provoquer une crise diplomatique avec l’Egypte.


 

Visite à la communauté française de Rabat

Ma visite a pour premier objectif de me joindre à tous les amis d’André Cadot à qui les insignes de la Légion d’honneur doivent être remis par M. l’Ambassadeur de France le 13 janvier. 
Tous les amis et collègues à l’AFE du Maroc d’André Cadot se sont retrouvés à la résidence de France pour la remise des insignes de la Légion d’Honneur. Les grandes qualités d’André Cadot sont rappelés par l’Ambassadeur, talent et conscience professionnelle dans son activité d’enseignant, rigueur et fiabilité, dévouement à la chose publique dans ses fonctions d’administrateur de la maison de retraite et une modestie presque excessive. C’était un grand bonheur de voir ainsi honoré et reconnu un conseiller qui fait l’honneur de l’Assemblée des Français à l’étranger.
Le programme de ces deux jours m’a permis de remettre à jour ma connaissance de la situation au Maroc, des sujets de préoccupation de la communauté française, de l’état du réseau scolaire et de l’aide publique française au développement dans ce pays. J’ai aussi rencontré des personnes en difficulté présentées par Marion Berthoud, présidente de l’ADFE et André Cadot, Conseiller à l’AFE.

Notes de voyage

La ville de Rabat, aux immeubles coquettement reblanchis de frais, couverte de panonceaux publicitaires vantant les mérites de téléphones portables sophistiqués, encombrée d’une intense circulation automobile, donne l’impression d’un boom économique. Les entretiens que j’ai eus donnent à penser qu’il n’en est rien. La société reste profondément divisée, au bord de conflits violents comme en témoignent les attentats de Casablanca, dont l’enquête a fait ressortir qu’ils étaient l’œuvre d’un mouvement marocain, sans relation avec Al Quaeda.

La volonté proclamée du roi est d’accomplir des réformes sociétales. La révision de la Mondawana, code du statut personnel, représente ainsi une nette progression vers l’égalité entre les femmes et les hommes dans le cadre de la famille. En revanche, l’instauration d’une assurance maladie généralisée est reportée faute de financement. La mise à niveau du système scolaire achoppe sur le même obstacle, auquel s’ajoute l’opposition des islamistes.

En réalité, la captation de 30% environ de la richesse nationale par la famille royale – captation qu’une presse assez libre commence à dénoncer – ajoutée à celle que captent les classes dirigeantes et à une corruption largement répandue, du haut fonctionnaire à l’agent de police, ne laisse pas les marges de manœuvre financières nécessaires à la modernisation du pays. L’islamisme d’une part, la volonté d’émigrer d’autre part prospèrent sur ce terreau.

La situation au Consulat

De ma rencontre avec les agents et les responsables, il ressort qu’une très grande part de l’activité du Consulat est absorbée par l’endiguement du mouvement migratoire marocain vers la France : service des visas, service de l’état civil où travaillent quatre agents à plein temps en raison de l’explosion des transcriptions de mariage. Le chiffre a été multiplié par 18 en 20 ans ! 25% des dossiers de mariage sont transmis à la justice pour lutter contre les mariages forcés et les mariages de complaisance, 10% sont annulés. La transcription des divorces a monté dans les mêmes proportions. Si l’un des conjoints arrive ainsi à contourner les lois sur l’immigration et obtenir un droit de séjour en France, cela se fait au détriment de l’autre, dupe, complice, ou victime de traditions familiales périmées.
Le service social a été perturbé par le départ simultané de ses trois agents. Les personnes en détresse sont dirigées vers l’association de bienfaisance. Alors qu’il avait été attribué 37 allocations à durée déterminée ou secours occasionnels, en 2002, il n’y en a eu que 9 en 2004. Ici comme ailleurs, la politique du gouvernement conduit à un saut en arrière de 25 ans. On ne dépense plus la totalité des crédits d’aide sociale disponible et la charité publique est appelée à se substituer à la solidarité nationale que la gauche avait mise en place.

Le réseau des écoles françaises au Maroc

Il est constitué des établissements du réseau AEFE et de celui de l’OSUI (Mission Laïque) 
Sur six millions d’enfants d’âge scolaire au Maroc, le réseau de l’AEFE en scolarise 17.000 et l’OSUI 6.000. Cela relativise terriblement la portée de l’action de la France, d’autant plus que la coopération éducative se heurte aux pesanteurs exposées plus haut.
Force est de reconnaître que les écoles françaises servent les intérêts de l’oligarchie marocaine et garantissent à ses enfants les futures positions dominantes. Les enfants des élites intellectuelles sont largement éliminés par les droits de scolarité. On peut dire que, malheureusement, les réseaux AEFE et OSUI ne diffusent pas la francophonie au-delà de milieux déjà acquis.

Les élèves du réseau connaissent d’excellents résultats scolaires, toutefois, un lycée tel que Descartes ne reste pas à l’abri du choc des évolutions des deux sociétés française et marocaine. Ainsi des manifestations de racisme, de sexisme, d’antisémitisme, de plus en plus fréquentes exigent une grande mobilisation de l’équipe éducative et des enseignants.
Les établissements ont besoin d’une remise à niveau de leur patrimoine immobilier. Le Lycée Descartes espère bénéficier de la nouvelle autonomie budgétaire pour compléter les travaux de mise aux normes déjà réalisés par les gros travaux nécessaires sur le bâti : étanchéité des terrasses, ravalement des façades, changement des huisseries.
Les droits de scolarité continueront à augmenter….

Moudawana et Kafala

La réforme de la Moudawana n’est pas encore traduite officiellement en Français alors que les magistrats français doivent l’appliquer aux familles exclusivement marocaines résidentes en France (convention de 1981).
Les enlèvements d’enfants concernent le plus souvent des couples marocains ou binationaux à raison de 7 à 10 par an, soit une soixantaine de cas en cours. La difficulté concerne l’exécution des décisions de justice ! M. Robineau fait le point sur la kafala, recueil légal des enfants qui a fait l’objet d’une réforme en 2002.
Les kafala prononcées dans le cadre légal désormais applicable au Maroc permettent à l’administration française, dès lors que l’intérêt de l’enfant le justifie, d’accorder des visas « long séjour » aux enfants confiés par décision judiciaire à des familles résidant sur le territoire français. A contrario, les actes adoulaires de kafala, qui n’ont pas le caractère d’une décision de justice, même lorsqu’une homologation judiciaire a pu attester de leur régularité formelle, ne pourront donc plus utilement servir au soutien d’une demande de titre de séjour.

Remerciements aux organisateurs : André Cadot, Marion Berthoud, Marie-Pascale Avignon-Vernet.

Personnalités rencontrées : Monsieur Philippe Faure, Ambassadeur de France au Maroc, et ses principaux collaborateurs, les consuls généraux de France à Rabat et Casablanca, Monsieur Perdu et Madame Breuzé, M. Gilles d’Agescy, conseiller à l’AFE, M. Yves Joseph, Président de l’Association des Français de Rabat. M. Serieys, Conseiller culturel, M. Daniel Boutté, conseiller culturel adjoint chargé de l’enseignement, MM. Mariau et Roesh proviseurs des Lycées Descartes (Rabat) et Lyautey (Casablanca), le directeur du groupe scolaire André Malraux (Mission Laïque – OSUI), Mme Piquart, directrice de l’école Albert Camus. M. Robineau, Magistrat de liaison. 
   


   

 

Mission en Palestine

Envoyée en mission par la présidence du Sénat avec trois collègues, j’ai été observatrice à l’élection du Président de l’autorité palestinienne lors d’un séjour du 3 janvier au 10 janvier 2005. J’ai donc pu me faire une idée des conditions de vie en Cisjordanie, de la campagne électorale et du déroulement de l’élection pour laquelle j’avais le statut d’observatrice.

En quoi cette élection est-elle exceptionnelle ? Peut-on en espérer une amélioration des conditions de vie du peuple palestinien ? La mise en place d’une nouvelle autorité palestinienne ouvre-t-elle des perspectives pour la paix ? Même si l’attentat de Karni commis cinq jours après l’élection et ses conséquences politiques incitent au pessimisme, il ne serait pas responsable de désespérer davantage que les Palestiniens eux-mêmes.

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Avec Bassam el Salhi
Devant le mur

Cette élection est exceptionnelle à bien des titres

Elle se déroulait dans un pays qui n’est pas encore un Etat, mais seulement un territoire de plus en plus exigu et morcelé, sur lequel les Palestiniens n’ont pas de réelle souveraineté. L’occupation militaire israélienne y bloque la circulation des personnes et des biens (il y a environ 700 points d’entrave à la circulation sur la surface d’un département français, dont 60 checks-points).

Malgré cela, le sénateur Goulet et moi-même avons pu observer du 3 au 8 janvier inclus une véritable campagne électorale. Sept candidats avaient réalisé une impressionnante campagne d’affichage. Des meetings ont pu avoir lieu (sauf à Jérusalem), et même à Gaza où les candidats Mahmoud Abbas et Mustapha Barghouti ont eu autant de peine à entrer qu’à sortir. Nos interlocuteurs, les députés du conseil national palestinien, Mme Dalal Salameh, à Naplouse, MM Abbas Zaki, Abu Ala, les personnalités, MM Abu Aita, ministre du Tourisme, Hanna Nasser, maire de Bethléem, et Saeb Erakat, ministre des Collectivités locales, négociateur en chef des Palestiniens, les candidats, Mahmoud Abbas (Fatah), Mustapha Barghouti (gauche démocratique), Bassam el Salhi (PPP : ex PC) et Taysir Khalid (FDLP) ont évoqué les revendications exprimées par le peuple au cours des meetings : la sécurité face à l’armée israélienne d’une part et aux mafias palestiniennes de l’autre, la fin de l’impunité judiciaire, la fin de l’occupation militaire et des bouclages, la liberté de circuler, le droit de travailler et d’avoir des revenus, la liberté de pensée et d’expression, le respect des « constantes nationales » (droit au retour pour les réfugiés, un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale et des frontières internationalement reconnues).

La presse et la télévision palestiniennes ont offert une tribune avec une certaine équité aux candidats. En revanche, les moyens financiers de Mahmoud Abbas et de Mustapha Bargouthi leur ont permis un meilleur affichage et l’organisation de réunions. Barghouti et Bassam el Salhi se sont plaints des entraves mises à leurs déplacements par l’armée israélienne. Le vendredi 7 janvier, juste après nous avoir rencontrés, Bassam el Salhi a été expulsé de Jérusalem-Est où il avait obtenu un permis de 4 heures « pour motif personnel ». Lui et Barghouti ont été plusieurs fois arrêtés et relâchés sous caution pendant la campagne.

Le scrutin du 9 janvier 2005 peut être qualifié de réussite :

Avec Maryse Bergé-Lavigne, sénatrice de Haute-Garonne et un interprète, nous avons fait de l’observation dans 8 bureaux de vote : bureau de poste de la porte de Jaffa à Jérusalem-Est, bureau de poste de Bet Hanina (Jérusalem-banlieue), bureau de vote de Ram, de Turmus Aya, deux bureaux à Djenine-ville, un bureau au camp de réfugiés de Djenine, un bureau à Qualkilya.

Les bureaux de vote étaient très bien organisés : 

Aucun désordre aux abords, assesseurs (pour moitié des femmes), présence de représentants des candidats, respect des procédures : vérification d’identité, signature de la liste d’émargement, marquage du pouce (pour éviter les votes multiples), utilisation d’un bulletin de vote unique avec les 7 noms (système du nom unique à cocher), isoloirs, urne transparente.

  • Les difficultés majeures ont été les suivantes : le caractère incomplet des listes électorales, mal compensé par l’utilisation des registres de l’état-civil et, après la prolongation du scrutin jusqu’à 21h00, vote sur la seule présentation de la pièce d’identité.
  • L’exclusion des Palestiniens de Jérusalem : seuls 5000 a 6000 sur 121000 avaient pu s’inscrire sur les listes électorales en raison des entraves israéliennes et des rumeurs qui couraient de risque pour leur droit au séjour dans la ville. Depuis l’annexion, les Jérusalémites sont des résidents étrangers dans leur ville, c’est pourquoi ils votaient « par correspondance » dans les bureaux de poste où ils avaient pu s’inscrire. A la porte de Jaffa, le scrutin n’avait pas commencé à 7h30 et aucun électeur ne s’était risqué sur une place contrôlée par des policiers israéliens armés (8 dans la proximité immédiate de la poste)
  • La brève levée du bouclage israélien : le 9 janvier au matin, les contrôles avaient été levés ou allégés. A 15h00, ils avaient repris. Au check-point de Huwara (sortie Nord de Naplouse) une centaine de véhicules étaient bloqués et les piétons passaient lentement.
  • Fiabilité du dépouillement : il se faisait dans les bureaux de vote, sauf pour Jérusalem dont les « urnes » ont été transportées à Ramallah sous surveillance internationale. Nous n’avons pas pu observer le dépouillement à Qualkilya comme prévu en raison de la prolongation du scrutin et de l’impossibilité de revenir à Jérusalem après 22h00. Les observateurs qui ont pu rester n’ont pas fait état de fraudes importantes (voir le rapport de Michel Rocard pour l’Union Européenne).
  • Les résultats : diffusés par la presse, ils montrent que l’appareil du Fatah a fait le succès de Mahmoud Abbas sans que les opinions minoritaires aient été écrasées. Toutefois, la participation de 71% ne doit pas faire illusion. Sur les 1,5 à 1,8 M d’électeurs potentiels, un tiers ne s’était pas inscrit sur les listes électorales. Selon Bassam el Salhi, si la majorité de la population tient aux élections, 25% n’allaient pas participer au processus car ils ne croyaient pas que la puissance occupante changerait de politique après cette élection. Il faudrait faire aussi la part de l’influence des mots d’ordre de boycott donnés par le Hamas et le Djihad islamique
  • Conclusion : Les dirigeants palestiniens expriment leur fierté d’avoir « réussi la transition » à la suite du décès de Yasser Arafat par une élection démocratique. Les étapes suivantes sont les élections municipales qui se feront progressivement (elles ont commencé en décembre dans quelques villes) et les élections législatives du 17 juillet 2005).

Quels espoirs pour le peuple palestinien ?

Les électeurs qui ont participé au scrutin attendent de ces élections une amélioration de leurs conditions de vie. Cela ne dépend que pour une part de Mahmoud Abbas et du gouvernement qu’il a formé.

Ce qui dépend de l’autorité palestinienne :

  • La lutte contre la corruption, mais si chaque responsable continue à prélever son pourcentage sur le secteur des importations qu’il s’est attribué, l’espoir est faible.
  • L’ordre public et le respect de la loi, la lutte contre ce que les Palestiniens appellent le « chaos sécuritaire ». Nous avons vu une bande de quelques jeunes en armes à Djenine et la population se plaint des mafias de Naplouse. Mais même avec une police réorganisée selon les plans de Mahmoud Abbas, comment des policiers sans armes désarmeront-ils les mafieux et les terroristes ? 

Ce qui dépend des Israéliens

  • La liberté de circulation des personnes et des biens qui permettrait aux Palestiniens, peuple instruit et industrieux, de faire renaître la prospérité.
  • La fin de la colonisation et de la construction des routes réservées aux Israéliens, qui morcellent le territoire de la Cisjordanie au détriment des Palestiniens.
  • L’interruption de la construction du mur de béton et de la clôture électronique qui passe en pleine Cisjordanie et traverse des villes telles que Bethléem ou Abou Dis.

Ces mesures relèvent du « wishfull thinking ». La volonté des Israéliens semble être une conquête définitive de la majeure partie du territoire cisjordanien afin de ne laisser à un éventuel Etat palestinien que trois cantons isolés les uns des autres en Cisjordanie. La seule construction du mur et de la barrière électronique spolie les Palestiniens de 16,8% du territoire de la Cisjordanie. Les colonies en occupent 40%. Cette conquête pérenne asphyxie l’économie palestinienne et révolte les Palestiniens, d’où l’écho grandissant des mouvements extrémistes.

Les espoirs sont donc ténus pour une population dont 60% vit avec moins de 2 dollars par jour. Mais les 3,8 millions de Palestiniens ne se laisseront pas tous contraindre à l’exil par la misère et la perte de la liberté. Du côté israélien, l’extrémisme des colons est loin d’être largement partagé. La politique de force pure de M. Sharon donne l’impression aux Israéliens de leur garantir la sécurité mais il reste heureusement des milieux minoritaires (ONG, petits partis de gauche) qui savent que c’est un leurre.

Les perspectives pour la paix

Si les Israéliens cessent la conquête, si l’occupation militaire est levée dans le cadre de l’accord international que réclament les Palestiniens, il sera probablement possible à Mahmoud Abbas, hostile à « l’Intifada armée » de négocier sans perdre l’appui de sa base populaire. Sinon, le désastre continuera, pour le plus grand malheur des Palestiniens à court terme et de tous à moyen terme. C’est ce que laisse craindre l’attentat de Karni et la réaction d’Ariel Sharon.

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Rencontre avec les Français de Jérusalem

A l’occasion de la mission d’observation de l’élection du président de l’Autorité palestinienne, un petit déjeuner de travail a été organisé le 9 janvier 2005 par M. Régis Koetchet, consul général de France, pour les parlementaires et les responsables d’associations françaises.
Nos amis Jacquot Grunewald, conseiller de l’AFE, Charles Fachler, président de l’ADFE-Français du monde, et Elisabeth Garrault, présidente de l’Association de bienfaisance étaient présents. Daphna Poznanski, conseillère de l’AFE, malade, était excusée.
M. Léon Rosenbaum, président de l’UNIFAM (Israéliens francophones originaires du Maghreb), MM. Jules Taieb et Alphonse Cerf (anciens combattants) ont exposé les soucis et les points de vue des Français d’Israël. M. Gavard, le proviseur du lycée et Mme Pauline Anastase, présidente de l’Association des parents d’élèves, ont exposé la situation du lycée français de Jérusalem.
Pauline Anastase, créatrice de la toute nouvelle Alliance Française de Bethléem et Laurent Khair, président de Français de Palestine, association créée en 2000, ont évoqué les difficultés spécifiques des Français des territoires occupés. Trop peu de temps est resté au responsable de Médecins du Monde pour exposer les activités d’une ONG qui rassemble des médecins palestiniens et israéliens.

Voici l’essentiel des thèmes abordés :

La montée de la pauvreté à Jérusalem

Jacquot Grünewald se plaint de la faiblesse du taux de base des allocations consulaires. Elisabeth Garrault rappelle que l’association de bienfaisance de Jérusalem a demandé une subvention au ministère des Affaires étrangères sans succès depuis deux ans.

Les relations entre la société française et Israël

M. Léon Rosenbaum estime que ces relations se sont beaucoup dégradées et fait peser la responsabilité sur « les mensonges de la presse française ». Jacquot Grünewald abonde dans son sens.
Un débat s’engage : le consul général estime que les journalistes français qui couvrent le conflit israélo-palestinien font un travail de grande qualité et honnêteté. J’exprime le même avis : le fossé s’est creusé entre les deux opinions publiques mais la presse n’est pas à incriminer (la preuve en est qu’elle est jugée partiale par les deux camps, en sens opposés).

Le lycée français de Jérusalem 

Avec 240 élèves seulement cet établissement connaît de grandes difficultés financières. Aujourd’hui 66% des élèves sont palestiniens. Cet afflux a compensé les départs dus à la seconde Intifada. Le lycée reçoit une aide importante de l’AEFE qui rémunère intégralement les résidents et a versé une subvention exceptionnelle d’équilibre en 2003.

Les Français des territoires occupés de Palestine

Pauline Anastase et Laurent Khair, venus tous deux de Bethléem, font état de leurs efforts pour maintenir une vie culturelle et associative. Mais les entraves à la circulation, les difficultés relatives a l’obtention de visas de séjour, la non-reconnaissance, par la partie israélienne, de leurs documents français, sont des obstacles difficiles à surmonter.

L’avenir

Charles Fachler et le représentant de Médecins du monde évoquent tous deux les collaborations à développer entre Israéliens et Palestiniens. Charles Fachler pense qu’il faut « intégrer les deux économies pour lutter contre la misère » et que, sur le plan culturel, il est possible d’organiser des manifestations israélo-palestiniennes dans le cadre français.

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New-York

29 octobre : 

Une conférence débat est organisée par l’ADFE sur le thème de l’Union Européenne chez Elisabeth et Gordon Marsh et réunit une trentaine de personnes. Christophe Monier, délégué AFE, accueille les participants et introduit le débat que Marie-Hélène Benzine, présidente de l’ADFE-New York, modère. Faut-il ou non ratifier le Traité constitutionnel ? L’adhésion de la Turquie est-elle souhaitable ? sont les deux sujets principaux de la soirée.

1er novembre, visite au lycée français de New York 

Déjeuner de travail organisé au Consulat par M. François Delattre, Consul Général de France à New York. Y ont participé : Mme Bénédicte Contamin, Consule Générale Adjointe, M. Patrick Le Menes, Chef de Chancellerie, M. Michel Besse, Chef du service des Affaires Sociales.
M. Yves Thézé, Proviseur du Lycée Français de New York, ainsi que M. Christophe Monier, M. Jean Lachaud, M. Serge Bellanger et M. Jean-Paul Picot Délégués de l’Assemblée des Français de l’étranger, M Yves Rivaud, Proviseur du Lyceum Kennedy, Mme Brigitte Sajous, Directrice Études françaises, École Franco-Américaine de Larchmont, Mme Michèle Altier, Présidente de Accueil New York, Mme Marie-Hélène Benzine, Présidente de l’ADFE New York, M. Pierre Cournot, Président de l’UFE, M. Patrick Croze, École Franco Américaine de Mamaroneck et membre de l’ADFE, Mme Corinne Gungor de l’École Française de Princeton, Mme Habiba Boumlik, Fondatrice d’une école qui devrait voir le jour en septembre 2005.

Aspects dominants de l’enseignement français à New York qui ressortent de ce déjeuner 

  • le dynamisme de la demande de familles françaises ou étrangères à laquelle répond une offre diversifiée et élargie. La création de l’école française de Princeton, celle, annoncée, de Brooklyn, sont d’excellentes nouvelles.
  • Les contraintes qui pèsent sur les écoles et sur les familles en matière de coût de la scolarité.
    Du point de vue des écoles une augmentation de 5% par an est nécessaire pour couvrir l’inflation, augmenter les salaires des enseignants stables qui paient des impôts sur le revenu élevés aux Etats-Unis, et dont la protection sociale est coûteuse. Par ailleurs, les élèves et leurs familles exigent une relation individuelle avec les enseignants. De petits effectifs son indispensables et cela a un coût. Enfin, pour éviter la fuite des élèves en fin de 4ème, soit parce que les charges financières sont trop élevées, soit pour aller dans un établissement plus coûteux mais qui assure l’entrée dans une université prestigieuse, il faut améliorer l’enseignement de l’anglais et harmoniser les programmes français et les programmes américains. Cela engendre un surcoût.
    Pour les parents de la classe moyenne écartés du bénéfice des bourses AEFE, le choix d’une école américaine gratuite est imposée par les contraintes financières. La prise en compte de la propriété du domicile familial a écarté une vingtaine de familles du bénéfice des bourses cette année. Cette disposition devrait être revue.

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Chicago

2 novembre :

La visite des services français (Consulat général, service des Services français (Consulat général, service de Presse, service culturel, mission scientifique, mission économique, FTPO-Ubifrance, Invest in France – AFII, Maison de la France) me permet de découvrir un consulat « design », exceptionnel par la qualité et la beauté de l’installation.

Déjeuner de travail sur la coopération culturelle et universitaire à la Résidence organisé par M. Matthieu Peyraud, Consul-adjoint. Y participaient M. Yannick Mercoyrol, Attaché culturel, et Mme Véronique Renault, Attachée culturelle adjointe et M. Jean-Pierre Toutant, Attaché scientifique, et des personnalités de la communauté française de Chicago. Le festival « Play French » bat son plein à Chicago. Le théâtre contemporain, joué en langue anglaise, attire un nombreux public.

Visite du Lycée français où je suis accueillie par Mme Sylvette Nicolini, Directrice. Le lycée, fondé en 1995 compte maintenant 390 élèves de la maternelle à la terminale. Il est bien installé dans des locaux scolaires adaptés. L’anglais y est enseigné à tous les niveaux, à la fois comme langue maternelle et comme langue étrangère. A partir de la 6ème, des cours d’histoire, de géographie et de littérature américaine conformes aux programmes de l’État d’Illinois sont dispersés par des professeurs américains. Pour le reste, le lycée suit les programmes officiels français.

La rencontre du corps professoral du Lycée français de Chicago et de l’École franco-américain de Chicago, au Lycée français, montre à quel point la suppression du détachement administratif et la perte de la couverture sociale française ont traumatisé le corps enseignant. Les principaux sujets de préoccupation abordés concernent la possibilité de déduire des impôts américains les cotisations versées à la Caisse des Français de l’Etranger, la rupture avec la MGEN entraînée par la fin du détachement administratif qui entraînent des assurance contractée localement à des tarifs élevés, le cumul du paiement des cotisations de retraites sans cumul autorisé des pensions, les craintes provoquées par des rumeurs sur la baisse, voire la suppression, des bourses scolaires.

La soirée est consacrée aux élections américaines après un passage à la soirée privée organisée pour la victoire de Barack OBAMA, Sénateur démocrate élu de l’Illinois.

Dîner-buffet à la Résidence du Consul général pour les élections générales américaines.

3 novembre :

Le matin, visite de l’Alliance française avec M. Jack McCORD, Directeur de l’Alliance, et M. Emmanuel SOYER, Directeur des cours (détaché). C’est un bel établissement, très dynamique, bien inséré dans la vie culturelle de Chicago.

La fin de la matinée et le déjeuner sont consacrés, à l’Université de Chicago, au Centre France-Chicago où nous sommes accueillis par M. Dan Bertsche, Directeur du Centre.

Déjeuner-rencontre avec des chercheurs et étudiants français à l’Université de Chicago (Social Science Building) : Nicolas Barreyre, Pierre-Alexandre Noual, Marie Michelet Noual, Fabrice Aubert, Anthony Birraux, Pauline Dumontier, Mikael Klein, Jean-Marc Montagne, Faysal Mokadem, Nicolas Sagez et Sébastien Chauvin, étudiants allant des élèves de l’IEP Paris en année d’échange aux post-doctorants scientifiques, en passant par les thésards de l’EHESS et les MBA de la « Graduate School of Business ». Au-delà de la diversité des profils et des motivations, les échanges font apparaître un enthousiasme unanime pour le système d’enseignement supérieur et de recherches américain, et une forte conviction de la nécessité de cette expérience américaine qui n’entame pas, à contre-courant des discours parfois entendus sur la « fuite des cerveaux », le souhait de revenir vivre et travailler en France dans un délai peu éloigné.

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Toronto

3 novembre :

Arrivée à l'aéroport Pearson International (vol UA 1110) en provenance de Chicago.
Accueil par Daniel Brignoli, Délégué à l’Assemblée des Français à l’Étranger et Mme Catherine ROBLES, Consule Adjointe, et Renaud Didelot, attaché scientifique, qui remplaçait le chauffeur du consulat, malade. 

4 novembre :

Au matin, interview de la journaliste Line Boily pour Radio-Canada sur le thème des Françaises dans la vie politique.

Rencontre, avec Dan Brignoli, à la Toronto French School de son directeur général M. Jean Brugniau, et l’équipe de direction. Puis une heure de débat avec des élèves de seconde sur la place des femmes dans la vie politique.

Déplacement au Lycée Français de Toronto où nous avons été reçus par M. Francis Cappe, proviseur du Lycée et Thierry Benoist d'Anthenay, directeur adjoint (intendance). Nous avons rencontré Dominique Mathieu, représentant les enseignants au CA, Martine Laurent représentante de APLFT et le nouveau professeur d'histoire résidant, Christophe Cariou qui regrettait que la prime de cherté de la vie ne soit pas plus élevée pour les Torontois. L’établissement surmonte la crise qui a failli conduire à sa fermeture. La situation ne sera stabilisée que lorsque le lycée sera installé dans des locaux plus adaptés et que le nombre d’élèves aura augmenté.

Déjeuner avec M. Philippe Delacroix, Consul général de France à Toronto et la Consule Adjointe Mme Catherine Robles. Étaient présents : Françoise Mougeon, ADFE-FdM-Toronto ; André de Bussy, Directeur de l’Alliance Française ; Nadine de Castro, Association « Toronto-Accueil » ; Lucien Benacem (UFE) ; Colette Owen, déléguée AFE.

Visite après le déjeuner des nouveaux locaux du consulat ; rencontré Alexandre Colliex, l'attaché culturel.

Puis, nous nous sommes rendus dans les nouveaux locaux de l'annexe de l'Alliance Française de North York Marie-Josée Lévignat, infatigable professeur de l’AF mettait la dernière main à l’installation de cette nouvelle antenne.

Sous la pluie et dans les encombrements, nous sommes redescendus vers le centre ville pour visiter l'Alliance-Française de la rue Spadina où nous avons rencontré : la présidente du CA, Lee MacNeil ; Claire Bourgeois, directrice adjointe, et André de Bussy, directeur. Discussion avec trois enseignantes : Mmes Joëlle Bandyopadhyay, Suzanne Ugolini, Marlène Marwah.

Rencontre avec Paul Perron, Doyen du Trinity College de l’Université de Toronto.

Conférence à 19 heures à l’Université de Toronto sur le thème « Françaises et politique : entre galanterie et misogynie ». La conférence s’est poursuivie par une rencontre avec les membres de notre association et le consul au Sutton Place.

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Washington

5 novembre

Départ de l’aéroport Toronto à destination de Washington où je suis accueillie par M. Jean Allex-Lyoudi, Consul Général de France.

Déjeuner de travail sur le thème de « L’enseignement et l’animation culturelle aux Etats-Unis » organisé M. le Consul Général de France M. Jean Allex-Lyoudi avec Mme Marie Vannouque-Digne, Chef du Service des établissements français, M. Roland Célette, Attaché culturel, M. Pierre Hudelot, Délégué Général de l’Alliance Française de Washington, Mme Quelen, Proviseure du lycée Rochambeau, Mme Rabaté, Proviseure Adjointe du lycée Rochambeau, Mme Gagniarre, chargée du service social du Consulat. 

Après-midi : rencontre avec M. Cameron Griffith, responsable des relations entre l’Ambassade de France et le Congrès américain.

Entretien sur les relations franco-américaines avec M. Jean-David Levitte, Ambassadeur de France aux Etats-Unis.

En soirée : réunion-discussion organisée par l’ADFE de Whashington pour ses membres et des personnalités de la communauté française au domicile de Kersti Colombant, Présidente de l’ADFE. Sujets du débat : la protection sociale des enseignants aux Etats-Unis, l’avenir des personnes âgées de Washington, les problèmes de visas, de passeports, de cartes vertes dans le cadre des nouveaux règlements pour l’entrée aux États-Unis.

6 novembre

Rencontre de la section PS de Washington, organisée par Hervé Busidan, secrétaire de section, où nous discutons en particulier du traité constitutionnel en Europe.

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