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Notes de voyage en Amérique andine
du 17 au 28 janvier 2007
Contacts politiques
A Caracas, j’ai rencontré le groupe d’amitié
Venezuela-France de l’Assemblée nationale. Ce jour-là, le
parlement votait la loi d’habilitation qui permet au
président Chavez de légiférer par ordonnance. Hugo Chavez,
réélu à la présidence avec une majorité de plus de 60%,
appuyé par un parlement qui lui est entièrement acquis,
puisque l’opposition a boycotté les dernières élections
législatives, renforce son pouvoir personnel. Les actions
caritatives menées auprès des déshérités en matière de santé
et d’éducation, son discours qui donne aux pauvres le
sentiment d’avoir une dignité, lui valent une popularité
certaine. Mais ce mode de gouvernement, assis sur la rente
pétrolière, rappelle trop le colonel Khadafi des années 70.
L’inflation à deux chiffres, les entraves administratives à
l’activité, les foucades présidentielles imprévisibles,
rendent la situation du Venezuela très instable et aggravent
l’inégalité sociale et la corruption qui sont les grands
maux du pays, comme des deux autres visités lors de ce
voyage.
A Bogota, j’ai rencontré M. Gaviria, président du Polo
democratico, rassembleur de la gauche colombienne et qui
vient d’obtenir 20% de voix aux élections présidentielles,
succès extraordinaire pour la gauche démocratique dans ce
pays. (lire le CR rédigé par Bruno Théret,
président de l’ADFE Colombie)
Ce
pays n’a cessé d’être ravagé par des guerres civiles depuis
l’indépendance conquise par Bolivar au début du XIXème
siècle. L’assassinat politique, la séquestration politique
ou crapuleuse, le massacre de paysans qu’on chasse de leurs
terres restent la norme. Les FARC – preneurs d’otages dont
Ingrid Betancourt est la plus célèbre – qui mêlent discours
révolutionnaire, méthodes violentes et narcotrafic, ont
discrédité la gauche dans ce pays. Le succès du Polo
Democratico témoigne du fait que ce pays peuplé, à
l’économie diversifiée, qui forme ses élites dans douze
universités de bon niveau, a les moyens d’accéder au
modernisme politique et à la paix, en dépit des traditions
de violence et de corruption extrêmes qui s’y opposent.
A Quito je suis arrivée le soir où le gouvernement formé
par le président Rafael Correa, récemment et brillamment
élu, a connu sa première épreuve : la ministre de la
Défense, Guadalupe Larriva, a été victime, avec sa fille de
17 ans, d’un accident d’hélicoptère.
J’ai assisté à ses funérailles et apporté le témoignage de
sympathie de la France aux côtés de notre ambassadeur. Lors
de cette cérémonie, j’ai partagé l’émoi et la mobilisation
des femmes, venues très nombreuses. (lire le CR de
Florence Baillon, Présidente de l’ADFE Equateur)
L’Equateur vit un grand moment d’espérance que les
compatriotes que j’ai rencontrés partagent. Ici aussi,
l’écart énorme des revenus entre les déshérités – indiens
dans leur majorité – et les très riches, la corruption
générale, l’instabilité politique, doivent être jugulés pour
que les réels atouts de ce pays puissent déboucher sur le
progrès social et économique.
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