Notes de voyage en Amérique andine
du 17 au 28 janvier 2007
Les lycées français en Amérique andine
Collegio
Francia à Caracas, lycée Pasteur à Bogota, lycée
La Condamine à Quito : ce sont de beaux
établissements, bien entretenus, bien équipés mais
dont les personnels et les familles d’élèves sont
confrontés aux retombées des crises financières
locales et de la pénurie budgétaire de l’AEFE.
Le Collegio
Francia de Caracas a perdu une partie de ses
effectifs lors de la crise politique de 2002. L’aide
de l’AEFE lui a permis de surmonter la crise. Il a
retrouvé ses élèves. Mais sa situation financière
reste fragile. Son avenir dépend des options
politiques du président Chavez en matière
d’éducation.
Le lycée
Pasteur de Bogota reste un des fleurons du
dispositif dans la zone mais la communauté scolaire
s’inquiète de l’augmentation des droits d’écolage.
La loi colombienne les interdit pour les élèves en
cours de scolarité. Ce sont donc les familles des
nouveaux inscrits en maternelle qui sont concernées.
Les milieux traditionnellement francophiles et
francophones (intellectuels, professions libérales)
pourront-ils continuer à scolariser leurs enfants ?
A la
Condamine, le même problème sociologique et
politique se pose. L’augmentation des droits de
scolarité tend, en Amérique Andine, à modifier la
composition sociale de la population scolaire au
détriment des milieux intellectuels et au profit des
enfants des milieux d’affaires.
Du côté des
enseignants, j’ai constaté la forte proportion
de recrutés locaux. Leurs rémunérations ne suivent
pas l’inflation, surtout à Caracas. Pour eux comme
pour tous les Français à revenus locaux, les
cotisations à la CFE sont une lourde ponction sur
leurs revenus, aggravée partout par l’appréciation
de l’euro par rapport au dollar et, au Venezuela,
par la forte et rapide dépréciation du bolivar.
Ils ont
conscience que leur effort contributif
disproportionné à leurs rémunérations ne leur
permettra d’obtenir qu’une retraite très modique,
souvent inférieure au minimum vieillesse, car leur
carrière a été discontinue.
Jusqu’ici les
établissements arrivent à recruter des
faux-résidents mais l’explosion des montants des
loyers à Caracas et les difficultés de la vie
quotidienne dans toute la zone découragent de
nombreux candidats.
La situation
des personnels français recrutés localement devra
impérativement être prise à bras le corps par a
gauche, lors de son retour au pouvoir, comme cela
avait été fait pour ceux qui, aujourd’hui, sont
devenus les « résidents ».
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