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Notes de voyage en Amérique andine
du 17 au 28 janvier 2007
Colombie : rendez-vous avec les familles des otages
A ma demande, l’Ambassade de France
avait organisé une rencontre avec
les familles d’otages, celle
d’Ingrid Betancourt (sa mère, Mme
Yolanda Pulecio, et son mari,
Juan-Carlos Lecompte), Mme Clara de
Rojas, mère de Clara Rojas, Mme
Marleny Orjuela, Mme Margarita
Sanchez, mère d’un policier enlevé
depuis huit ans, de la fondation
ASFAMIPAS, Mme Angela Giraldo,
fondation Paz Departamental, Mme
Claudia Llano de fondation Païs
libre crée par l’actuel
vice-président de la République.
Unanimes, les participants ont dit à
quel point l’aide internationale
leur était utile, ont remercié la
France (« toutes les familles
voudraient avoir la nationalité
d’Ingrid »).
Ils ont affirmé leur totale
opposition au sauvetage par voie
militaire car l’expérience prouve
que dans ce cas, les otages sont
exécutés en représailles. Cela s’est
produit en 2003 dans l’Antiocha : 8
soldats et 2 policiers otages depuis
5 ans ont été exécutés.
Aux FARC, les familles demandent des
preuves de vie, sans succès pour
certains, depuis 42 à 44 mois.
La seule porte de sortie reste,
selon ces familles, la négociation
d’un accord humanitaire qui devrait
se tenir dans une zone démilitarisée
d’accès facile avec la présence
d’observateurs internationaux
acceptés par la guérilla et de la
Croix Rouge. Le grand obstacle est
la méfiance réciproque. Toutefois
les familles estiment que le
Président Uribe devrait comprendre
qu’il n’a rien à perdre d’une telle
initiative, même si elle échoue.
Certains craignent l’opposition de
l’armée à toute solution négociée.
Les enlèvements et la séquestration
des otages sont une des plaies de la
vie en Colombie. Il y a entre 3000
et 5000 séquestrés, dont une
majorité victime d’enlèvements
crapuleux et une minorité de
politiques.
J’ai exprimé ma solidarité et celle
de tous ceux qui sont mobilisés en
France pour la libération des
otages. A l’approche du 5ème
anniversaire de l’enlèvement
d’Ingrid Betancourt et de Clara
Rojas, et alors que la convention
internationale de l’ONU, pour la
protection de toutes les personnes
contre les disparitions forcées, est
entrée dans la phase des signatures
officielles, la mobilisation de
l’opinion publique française se
renforcera. Protéger la vie des
otages, faciliter les négociations
pour leur libération : les deux
objectifs parfois contradictoires
doivent être pris en compte par
toutes les associations.
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